En 2024, près de 30 % des Français de 16 à 30 ans se sont engagés bénévolement au sein d’associations, un phénomène qui se renforce chaque année. En Isère, cet élan s’illustre également dans les périphéries de Grenoble, où les étudiants et nouveaux actifs, souvent confrontés à des situations de précarité, s’investissent activement dans des actions humanitaires.
Selon les résultats d’une enquête du ministère de la vie associative réalisée en janvier 2024, il est estimé que le nombre de Français bénévoles dans les associations atteint les 12,5 millions. Ces chiffres sont complétés par l’étude de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire qui révèle que 30 % des jeunes âgés de 16 à 30 ans ont consacré du temps à une association.
Environ 1 habitant sur 5 est bénévole en Isère
Le bénévolat des jeunes connaît un véritable essor à l’échelle nationale depuis les années 2010, comme indiqué dans les rapports précédents cités. Cette dynamique se reflète également au niveau local, notamment en Isère. Environ 28 000 associations sont actives, soutenues par un habitant sur cinq. Cette tendance s’explique par un accès facilité aux missions bénévoles par le biais d’un portail en ligne. La France bénévole indique que le taux d’engagement chez les 25-34 ans a gagné 8 points entre 2019 et 2024.
L’engagement bénévole ne concerne pas uniquement les jeunes adultes mais aussi les adolescents, comme Jade Sghiri, 16 ans, bénévole au Secours populaire. Originaire d’Échirolles, elle s’engage trois heures par semaine afin de réaliser des collectes de produits et des maraudes dans les rues de la commune. Elle y trouve du lien social, essentiel à son ouverture au monde.
Dans les périphéries grenobloises, l’aide se bouscule
Le pourtour de la capitale des Alpes affiche des situations contrastées entre les communes, dont Échirolles, Eybens, Fontaine et Saint-Martin-d’Hères, où le taux de pauvreté est le plus élevé, selon l’INSEE. À Échirolles, un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 1 200€ par mois.
Cet engagement est donc significatif dans la lutte contre les inégalités sociales au travers d’actions humanitaires et solidaires. Génération précarité, association composée d’une vingtaine d’étudiants de la Métropole, combat les différences sociales entre les nouvelles générations. Son terrain d’action s’articule autour des grands pôles et résidences étudiantes concentrés en périphérie. Au total, l’association affiche 21 distributions de produits de première nécessité en 2024 pour 3 500 étudiants bénéficiaires.
Les 16-30 ans, trop souvent présentés par les médias comme déconnectés de la Cité, sont un maillon essentiel du tissu associatif. À Échirolles, les mineurs peuvent se mobiliser avec les “Copains du monde”, une initiative affiliée au Secours populaire, pour donner des aliments, produits hygiéniques et créer des échanges humains. En novembre 2024, ils ont mené une grande collecte au sein du lycée Marie Curie pour venir en aide aux lycéens et leurs familles en grande précarité.
Lou Protois, Jean-David Teissier Clara Visseaux
Légende et crédits photo: Jade Sghiri est étudiante et bénévole au Secours populaire de Grenoble. Lou Protois




