{"id":11395,"date":"2024-04-19T18:55:03","date_gmt":"2024-04-19T16:55:03","guid":{"rendered":"http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/?p=11395"},"modified":"2024-04-20T11:22:58","modified_gmt":"2024-04-20T09:22:58","slug":"la-photographie-de-guerre-une-piece-essentielle-de-la-couverture-dun-conflit","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/index.php\/2024\/04\/19\/la-photographie-de-guerre-une-piece-essentielle-de-la-couverture-dun-conflit\/","title":{"rendered":"La photographie de guerre, une pi\u00e8ce essentielle de la couverture d\u2019un conflit\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Dans un paysage m\u00e9diatique o\u00f9 l\u2019image est omnipr\u00e9sente, le Festival international de journalisme de P\u00e9rouse revenait vendredi 19 avril sur le r\u00f4le des professionnels qui documentent les conflits arm\u00e9s. \u00c0 la fois preuves historiques, instruments d\u2019une meilleurs compr\u00e9hension entre les peuples, la photographie de guerre est cependant constamment menac\u00e9e par la manipulation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Fran\u00e7ois-R\u00e9gis Couteau<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Conference-war-reporting-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11481\" width=\"723\" height=\"542\" srcset=\"http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Conference-war-reporting-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Conference-war-reporting-250x188.jpg 250w, http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Conference-war-reporting-768x576.jpg 768w, http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Conference-war-reporting-1536x1152.jpg 1536w, http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Conference-war-reporting-1080x810.jpg 1080w, http:\/\/journalismes-info.ejdg.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Conference-war-reporting.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 723px) 100vw, 723px\" \/><figcaption>Les intervenants de la conf\u00e9rence \u00ab\u00a0The art of war reporting\u00a0\u00bb r\u00e9unis au Festival international de journalisme de P\u00e9rouse (Ombrie, Italie), le vendredi 19 avril 2024, Cr\u00e9dit : Gabriel Upravan.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;M\u00eame si les images qui sont captur\u00e9es n\u2019ont pas imm\u00e9diatement une influence, il est absolument vital [&#8230;] de continuer \u00e0 documenter toutes ces affaires.&nbsp;\u00bb Dans le magnifique auditorium San Fransesco, am\u00e9nag\u00e9 dans une ancienne \u00e9glise du XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Jodie Ginsberg insiste une nouvelle fois sur l\u2019importance du travail des reporters de guerre. Pr\u00e9sidente du Comit\u00e9 pour la protection des journalistes, elle ne conna\u00eet que trop bien les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les journalistes charg\u00e9s de couvrir des conflits arm\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab<\/strong> <strong>Personne ne peut dire que cela n&rsquo;est jamais arriv\u00e9.<\/strong> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Z1MZxUyZHDY\">Ils sont trois reporters de guerre pr\u00e9sents dans la salle, vendredi 19 f\u00e9vrier 2024<\/a>, \u00e0 l\u2019occasion du XVIII<sup>e<\/sup> Festival international de journalisme de P\u00e9rouse (Ombrie, Italie), parmi lesquels le photojournaliste Ron Haviv qui a notamment photographi\u00e9 des t\u00e9moignages des massacres commis en Bosnie-Herz\u00e9govine entre 1992 et 1995. Apr\u00e8s le r\u00e9cit du reporter, la correspondante am\u00e9ricaine Janine Di Giovanni r\u00e9sumait ainsi une utilit\u00e9 du photojournalisme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cela revient \u00e0 r\u00e9unir des preuves. Personne ne peut dire que cela n\u2019est jamais arriv\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter wp-block-embed-twitter\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"twitter-tweet\" data-width=\"550\" data-dnt=\"true\"><p lang=\"en\" dir=\"ltr\">VII co-founder <a href=\"https:\/\/twitter.com\/ronhaviv?ref_src=twsrc%5Etfw\">@ronhaviv<\/a> has been named the 2022 <a href=\"https:\/\/twitter.com\/hashtag\/Px3?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw\">#Px3<\/a> Photographer of the Year for his work &quot;Ukraine &#8211; The Beginning&#8230;&quot;. <a href=\"https:\/\/t.co\/oCe0vT8e2n\">https:\/\/t.co\/oCe0vT8e2n<\/a> <a href=\"https:\/\/t.co\/C30SRXcgPM\">pic.twitter.com\/C30SRXcgPM<\/a><\/p>&mdash; VII (@VIIPhoto) <a href=\"https:\/\/twitter.com\/VIIPhoto\/status\/1564644885201829889?ref_src=twsrc%5Etfw\">August 30, 2022<\/a><\/blockquote><script async src=\"https:\/\/platform.twitter.com\/widgets.js\" charset=\"utf-8\"><\/script>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Cependant, les photographies n\u2019ont pas seulement un int\u00e9r\u00eat pour la constitution d\u2019archives : le journaliste peut contribuer \u00e0 la compr\u00e9hension d&rsquo;un conflit contemporain. En effet, les clich\u00e9s pris dans les zones de guerre peuvent toucher les opinions publiques. \u00ab&nbsp;Le m\u00e9tier de journaliste consiste \u00e0 donner au public le sens de l\u2019empathie et la capacit\u00e9 \u00e0 comprendre l\u2019autre&nbsp;\u00bb, confie Ron Haviv. \u00ab&nbsp;Une photo peut-elle cependant arr\u00eater la guerre&nbsp;?&nbsp;\u00bb,<a href=\"https:\/\/www.radiofrance.fr\/franceculture\/podcasts\/la-culture-change-le-monde\/la-petite-fille-au-napalm-de-nick-ut-une-photo-peut-elle-arreter-une-guerre-9572904\"> se demandaient les participants d\u2019un podcast de France Culture en juillet 2021<\/a><a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. On peut en douter mais on peut aussi inverser le questionnement&nbsp;: \u00ab&nbsp;On peut se demander s\u2019il n\u2019y avait pas eu de presse, pas eu de journalistes \u00e0 Sarajevo [&#8230;] qu\u2019est-ce qu\u2019il se serait pass\u00e9 ? Peut-\u00eatre que les Serbes seraient descendus dans la ville et auraient tu\u00e9 tout le monde&nbsp;\u00bb, s\u2019interroge dans la m\u00eame \u00e9mission le photojournaliste belge Laurent Van Der Stockt.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des photoreporters de moins en moins libres de leurs mouvements<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si les images peuvent servir d\u2019\u00e9l\u00e9ments de preuve, elles peuvent aussi \u00eatre trompeuses. \u00ab&nbsp;Il y aura toujours des images qui peuvent donner des informations ou impressions contraires \u00e0 ce qui se passe vraiment.&nbsp;\u00bb, rappelle le m\u00eame Laurent Van Der Stockt. Les photographies ne livrent en effet qu\u2019un point de vue particulier et le journaliste doit estimer si elles livrent une juste illustration de la situation g\u00e9n\u00e9rale telle qu\u2019il l\u2019a comprise. Or, il est de plus en plus difficile pour un journaliste d\u2019\u00eatre libre de ses mouvements. Durant la guerre du Vietnam, les reporters pouvaient encore exercer comme \u00ab&nbsp;franc-tireurs&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire sans \u00eatre accompagn\u00e9s par des autorit\u00e9s officiels. Cependant, depuis la Premi\u00e8re guerre du Golfe en 1991, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-medium-2013-1-page-155.htm\">les photographes sont, la plupart du temps, \u00ab&nbsp;embedded&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire escort\u00e9s par les arm\u00e9es bellig\u00e9rantes<\/a><a id=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Interrog\u00e9e sur les cons\u00e9quences des innovations technologiques sur le reportage de guerre, Jodie Ginsberg consid\u00e8re qu\u2019elles n\u2019ont pas permis de produire un meilleur journalisme. Selon la pr\u00e9sidente de l\u2019association de protection des journalistes, la d\u00e9mocratisation de la photographie et le d\u00e9veloppement des IA g\u00e9n\u00e9ratives cr\u00e9ent plut\u00f4t une confusion entre les faits et la d\u00e9sinformation. Dans un monde o\u00f9 les images sont manipul\u00e9es avec un r\u00e9alisme confondant et o\u00f9 les pouvoirs publics contr\u00f4lent davantage qu\u2019hier les d\u00e9placements des reporters, le m\u00e9tier de photojournaliste est l\u2019objet d\u2019un paradoxe : il est menac\u00e9 et pourtant plus que jamais n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> <em>La petite fille au napalm de Nick Ut\u202f: une photo peut-elle arr\u00eater une guerre\u202f?\u202f: \u00e9pisode \u2022 5\/5 du podcast Cinq photos r\u00e9v\u00e9latrices<\/em>, [https:\/\/www.radiofrance.fr\/franceculture\/podcasts\/la-culture-change-le-monde\/la-petite-fille-au-napalm-de-nick-ut-une-photo-peut-elle-arreter-une-guerre-9572904],&nbsp; consult\u00e9 le 18 avril 2024.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Barnades Florent, \u00ab&nbsp;La fin du photojournalisme de guerre&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>M\u00e9dium<\/em>, n<sup>o<\/sup> 1, vol. 34, 2013, p. 155\u2011170, [https\/\/doi.org\/10.3917\/mediu.034.0155].<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un paysage m\u00e9diatique o\u00f9 l\u2019image est omnipr\u00e9sente, le Festival international de journalisme de P\u00e9rouse revenait vendredi 19 avril sur le r\u00f4le des professionnels qui documentent les conflits arm\u00e9s. \u00c0 la fois preuves historiques, instruments d\u2019une meilleurs compr\u00e9hension entre les peuples, la photographie de guerre est cependant constamment menac\u00e9e par la manipulation. 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